La récolte du café, qu’est-ce que c’est exactement ?
Avant d’être un grain brun et parfumé, le café est un fruit. Plus précisément, ce que nous appelons communément un « grain de café » est la graine contenue dans le fruit du caféier. Ce fruit est généralement appelé cerise de café.
La récolte du café consiste donc d’abord à cueillir ces cerises lorsqu’elles arrivent à maturité. Commence ensuite toute une série d’étapes destinées à séparer les graines du reste du fruit, à les sécher, à les trier puis à préparer ce que l’on appelle le café vert.
À ce stade, pas encore de grains bruns ni d’odeur de café fraîchement torréfié. Le café vert est le grain brut, séché et non torréfié qui sera ensuite envoyé vers les torréfacteurs.
Comprendre cette distinction change déjà beaucoup de choses. Lorsque vous buvez un café, vous ne consommez pas directement un fruit récolté puis grillé. Entre la cerise accrochée au caféier et votre tasse se succèdent la récolte, le tri, le traitement, le séchage, le décorticage, le classement, le transport, la torréfaction, la mouture et enfin l’extraction.
La récolte n’est donc pas une étape isolée. Elle marque le début d’une chaîne où chaque opération compte.
Une cerise cueillie trop tôt n’a pas le même niveau de maturité qu’une cerise arrivée à son optimum. Une récolte contenant des fruits à des stades très différents nécessite davantage de tri. Un séchage mal maîtrisé peut également compromettre le travail réalisé auparavant.
C’est pour cette raison que l’on parle souvent de la récolte comme d’une étape déterminante de la production du café.
Elle intervient bien avant la torréfaction. Pour comprendre ce qui se passe ensuite lorsque le café vert arrive chez le torréfacteur, notre guide consacré à l’art de la torréfaction du café permet de poursuivre le voyage du grain jusqu’à la tasse.
Quand les cerises de café sont-elles récoltées ?
Il n’existe pas une date mondiale unique pour la récolte du café.
Les périodes dépendent notamment de la zone de production, du climat local, du rythme des floraisons et des conditions rencontrées par les caféiers pendant leur développement.
De manière générale, les récoltes ont souvent lieu entre novembre et mars dans de nombreuses régions situées dans l’hémisphère nord. Dans l’hémisphère sud, elles se déroulent fréquemment entre avril et août.
Ces périodes restent des repères et non un calendrier valable pour toutes les plantations.
La situation est encore plus intéressante dans certaines zones proches de l’équateur. Les cycles de floraison peuvent y être différents et certaines régions peuvent connaître une récolte principale accompagnée d’une récolte secondaire.
Autrement dit, deux cafés récoltés dans deux pays différents ne suivent pas nécessairement le même calendrier.
Même à l’intérieur d’un pays, les périodes peuvent varier selon les régions.
Mais il existe une autre difficulté : toutes les cerises présentes sur un même caféier ne mûrissent pas nécessairement exactement au même moment.
Sur une branche, certains fruits peuvent déjà avoir atteint leur maturité alors que d’autres sont encore en développement. C’est l’une des raisons pour lesquelles une récolte sélective peut demander plusieurs passages successifs.
La récolte du café suit donc le rythme du fruit, et non celui d’une simple date inscrite sur un calendrier.
Cette réalité permet aussi de mieux comprendre pourquoi les paysages, l’altitude, l’exposition, l’ombrage et les pratiques agricoles sont étroitement liés au travail de récolte. Notre article consacré au café cultivé en agroforesterie approfondit justement la relation entre caféier, végétation et environnement de culture.
Comment reconnaître une cerise de café mûre ?
La couleur est l’un des indicateurs visibles utilisés au moment de la récolte.
Au cours de son développement, une cerise de café passe généralement du vert à des couleurs correspondant progressivement à sa maturation. Pour de nombreux caféiers, le fruit arrivé à maturité présente une couleur rouge soutenue, même si l’apparence exacte dépend de la variété cultivée.
Ce que cherche le cueilleur lors d’une récolte sélective n’est donc pas simplement « un fruit présent sur la branche ». Il cherche un fruit dont le stade de maturation correspond au moment souhaité pour la récolte.
C’est important parce que la cerise contient la graine qui deviendra le café vert.
Autour de cette graine se trouvent plusieurs couches : la peau extérieure du fruit, la pulpe, le mucilage puis une enveloppe protectrice souvent appelée parche. Après le traitement et le séchage, ces différentes couches seront retirées pour permettre d’obtenir le grain vert.
Cette anatomie explique aussi pourquoi le traitement après récolte peut prendre différentes formes.
On peut choisir de sécher la cerise entière avant de retirer ses enveloppes. On peut au contraire retirer rapidement la pulpe, travailler sur le mucilage puis sécher le grain encore protégé par son parche.
Avant même de parler de méthode sèche ou humide, tout commence donc par le fruit qui arrive à la station de traitement.
Plus les cerises récoltées présentent des niveaux de maturité homogènes, plus le lot est cohérent dès le départ. Lorsqu’un lot contient des fruits immatures, trop mûrs ou endommagés, le tri devient indispensable.
La qualité ne se joue donc pas seulement au moment où le café entre dans une machine. Elle commence directement sur le caféier.
Comment le café est-il cueilli à la main ?
La récolte manuelle reste une méthode largement utilisée dans les régions productrices de café.
Elle est particulièrement adaptée lorsque les caféiers poussent dans des zones où le relief rend le passage de grandes machines difficile. Elle permet également de réaliser une récolte sélective lorsque les cueilleurs ne prennent que les cerises jugées suffisamment mûres.
La cueillette sélective
Dans une récolte sélective, les cueilleurs parcourent les caféiers et prélèvent les cerises mûres individuellement.
Les autres fruits restent sur l’arbre afin de poursuivre leur maturation.
Le cueilleur peut donc revenir ultérieurement sur les mêmes caféiers. La récolte s’échelonne alors sur plusieurs passages.
Cette méthode demande du temps et beaucoup de travail humain. Elle permet en revanche de sélectionner davantage les fruits au moment même de la récolte.
Il faut ici éviter un raccourci fréquent : « récolté à la main » ne signifie pas automatiquement qu’un café sera excellent.
La cueillette est une étape importante, mais elle ne suffit pas à déterminer à elle seule le résultat final. Le tri, le traitement post-récolte, le séchage, le stockage puis la torréfaction comptent également.
La récolte sélective permet surtout de partir d’une matière première plus homogène lorsque le travail est réalisé avec soin.
Le strip-picking
Une autre technique manuelle consiste à retirer en un passage l’ensemble ou une grande partie des cerises présentes sur une branche.
Cette méthode est plus rapide, mais elle est moins sélective.
Différents niveaux de maturité peuvent alors se retrouver mélangés. Un tri supplémentaire devient particulièrement important après la récolte.
Il faut donc distinguer deux idées souvent confondues : cueillette manuelle et cueillette sélective.
Une récolte peut être réalisée à la main sans nécessairement sélectionner chaque cerise une par une.
Cette distinction est utile lorsque l’on cherche à comprendre réellement les informations données sur l’origine d’un café.
Comment fonctionne la récolte mécanique du café ?
Tous les cafés ne sont pas récoltés exclusivement à la main.
Dans certaines exploitations, des équipements mécaniques ou semi-mécaniques permettent de détacher les fruits du caféier.
Les systèmes varient. Certains dispositifs utilisent notamment des vibrations ou des éléments mécaniques qui provoquent le détachement des cerises. Les fruits sont ensuite récupérés et acheminés vers les étapes de nettoyage et de tri.
Cette mécanisation peut être particulièrement intéressante lorsque les surfaces cultivées sont importantes et que le terrain permet le passage des machines.
Elle accélère considérablement le travail par rapport à une sélection manuelle cerise par cerise.
En revanche, la récolte mécanique peut être moins précise concernant le stade de maturité des fruits retirés.
Selon le dispositif utilisé, son réglage et les caractéristiques de la plantation, des cerises présentant différents niveaux de maturité peuvent être récoltées ensemble. Certains systèmes peuvent également affecter feuilles ou autres parties du caféier s’ils sont mal adaptés ou mal utilisés.
La mécanisation n’est donc ni automatiquement « mauvaise », ni automatiquement équivalente à une récolte sélective.
Il faut regarder l’ensemble du processus.
Une exploitation mécanisée peut mettre en place des opérations de tri après récolte afin d’écarter une partie des fruits indésirables. À l’inverse, une récolte manuelle mal triée n’offre aucune garantie absolue.
Le vrai sujet est la cohérence entre le stade de maturité recherché, la méthode de récolte, le tri et le traitement qui suit.
Que se passe-t-il juste après la récolte ?
Une fois les cerises retirées du caféier, le travail est loin d’être terminé.
Les fruits doivent être acheminés vers les installations où ils seront nettoyés et traités.
Cette phase doit être engagée rapidement afin d’éviter une détérioration incontrôlée des fruits.
Le premier objectif consiste généralement à éliminer ce qui ne doit pas poursuivre le processus : brindilles, feuilles, pierres, matières étrangères et fruits présentant des défauts évidents.
Les méthodes de tri peuvent varier d’une exploitation à l’autre.
Le tri peut être effectué manuellement, mécaniquement ou avec l’aide de l’eau et de différences de densité.
Cette étape paraît moins spectaculaire que la cueillette, mais elle est essentielle.
Imaginez un panier de fruits. Vous pouvez avoir réalisé une cueillette très soigneuse : si des fruits abîmés ou des matières indésirables restent mélangés au lot, ils suivront eux aussi le reste du processus.
Le raisonnement est similaire pour le café.
Après cette phase de réception et de tri commence alors le traitement post-récolte.
Dans le brouillon initial de cet article, nous présentions principalement deux méthodes : la méthode humide et la méthode sèche. C’est effectivement une distinction fondamentale.
Il existe également des méthodes intermédiaires, souvent qualifiées de honey, pulped natural ou semi-lavées selon les pratiques et les régions. Pour rester clair, concentrons-nous d’abord sur les deux grandes logiques qui permettent de comprendre le principe.
Comment fonctionne la méthode humide ?
La méthode humide est également appelée méthode lavée ou washed process.
Son principe est de retirer une grande partie du fruit autour de la graine avant la phase finale de séchage.
1. Le dépulpage
Après la récolte et le tri des cerises, la pulpe est retirée à l’aide d’un dépulpeur.
Le grain n’est pourtant pas encore « nu ».
Il reste entouré notamment d’une couche collante appelée mucilage et d’une enveloppe protectrice appelée parche.
C’est un point important, car la méthode humide n’est pas simplement « mettre les cerises dans l’eau ».
Le dépulpage intervient avant la fermentation classique destinée à faciliter l’élimination du mucilage.
2. La fermentation
Après dépulpage, les grains encore entourés de mucilage peuvent être placés dans des cuves afin que les transformations naturelles permettent de détacher plus facilement cette couche.
La durée n’est pas universelle.
Elle dépend notamment des conditions, de la température, du café traité et de l’organisation de la station de traitement.
L’objectif n’est pas de « faire fermenter le plus longtemps possible ». Il s’agit de contrôler cette étape afin de pouvoir éliminer correctement le mucilage sans laisser le café se détériorer.
3. Le lavage
Une fois le mucilage suffisamment dégradé, les grains peuvent être lavés.
Cette opération retire les résidus qui restent autour du parche.
Le café est ensuite prêt à entrer dans une nouvelle phase déterminante : le séchage.
4. Le séchage
Même lorsqu’un café est traité par voie humide, il doit être séché.
Les grains peuvent être exposés au soleil sur des surfaces adaptées ou séchés à l’aide d’équipements mécaniques.
Ils sont alors encore protégés par leur parche.
Le séchage ne sert pas simplement à « faire partir l’eau ». Il permet d’amener le café vers un état suffisamment stable pour les opérations qui suivront et pour son stockage.
Cette méthode montre bien à quel point le café traverse plusieurs transformations avant d’arriver chez le torréfacteur.
Comment fonctionne la méthode sèche ?
La méthode sèche, aussi appelée méthode naturelle ou natural process, suit une logique différente.
Ici, on ne retire pas immédiatement la pulpe de la cerise.
Après le tri et le nettoyage, les cerises sont séchées entières.
Le fruit reste donc autour de la graine pendant une grande partie de cette phase.
Traditionnellement, les cerises sont étalées au soleil sur des patios, des nattes ou des structures de séchage adaptées.
Elles doivent être régulièrement remuées ou retournées afin de favoriser un séchage aussi homogène que possible.
Les conditions météorologiques jouent évidemment un rôle majeur.
Lorsque les cerises sont exposées au soleil, la pluie ou un excès d’humidité compliquent le processus. Les lots doivent alors être protégés et surveillés.
Le séchage naturel peut durer plusieurs semaines selon les conditions.
Le brouillon d’origine mentionnait une période de deux à trois semaines. Il s’agit d’un ordre de grandeur possible, mais la durée réelle varie selon la météo, le dispositif de séchage, l’épaisseur des couches de cerises et le résultat recherché.
Une fois suffisamment séchées, les cerises deviennent beaucoup plus dures.
Elles peuvent ensuite être décortiquées afin de retirer les couches sèches qui entourent les graines.
C’est à l’issue de cette préparation que l’on se rapproche du fameux grain de café vert.
La méthode sèche est donc assez simple à comprendre visuellement :
- on récolte les cerises ;
- on les trie et les nettoie ;
- on sèche le fruit entier ;
- on retire ensuite les enveloppes sèches ;
- on trie et on classe les grains obtenus.
Simple dans son principe ne signifie cependant pas facile à maîtriser.
Un séchage irrégulier ou mal contrôlé peut entraîner des défauts. Les cerises doivent donc être surveillées tout au long de la phase.
Quelle différence entre café lavé et café naturel ?
La différence fondamentale tient au moment où l’on retire la chair du fruit.
Avec la méthode lavée, la cerise est dépulpée avant le séchage du grain.
Avec la méthode naturelle, la cerise est séchée entière avant que ses couches externes ne soient retirées.
On comprend alors pourquoi parler simplement de « grains séchés au soleil » peut être imprécis.
Dans les deux méthodes, le séchage est nécessaire, mais ce qui est séché n’est pas exactement dans le même état.
Il existe par ailleurs des procédés intermédiaires.
Dans certaines méthodes dites honey ou pulped natural, la peau et une partie de la pulpe sont retirées, tandis qu’une quantité variable de mucilage reste autour du grain pendant le séchage.
Ces pratiques montrent qu’il existe en réalité plusieurs manières de passer de la cerise au café vert.
Aucune méthode ne peut être résumée à « la bonne » et « la mauvaise » méthode.
Le résultat dépend de la qualité des fruits récoltés, de la précision du tri, du contrôle des fermentations éventuelles, du séchage et de la maîtrise globale de la transformation.
Le procédé utilisé peut également participer au profil sensoriel final, mais il n’agit jamais seul. L’origine, la variété, les conditions de culture et la torréfaction interviennent également.
Pourquoi le séchage du café est-il si important ?
Qu’il soit traité par voie humide ou par voie sèche, le café doit atteindre un niveau d’humidité permettant sa conservation et la poursuite de sa préparation.
Le séchage fait donc partie des moments les plus sensibles du traitement post-récolte.
Un séchage trop rapide, trop lent ou irrégulier peut avoir des conséquences sur la stabilité et la qualité du lot.
Les producteurs cherchent ainsi à obtenir un séchage homogène.
Lorsque le café sèche au soleil, les grains ou les cerises sont généralement étalés en couches et retournés régulièrement.
Cette manipulation évite qu’une partie reste durablement humide pendant qu’une autre sèche beaucoup plus rapidement.
Le café peut également être déplacé, couvert ou protégé lorsque les conditions météorologiques deviennent défavorables.
Des séchoirs mécaniques peuvent compléter ou remplacer une partie du séchage au soleil selon les installations disponibles.
Ce travail donne une idée assez juste de la réalité de la production : beaucoup d’étapes invisibles dans votre tasse demandent de la surveillance, du temps et des décisions humaines.
Récolter les fruits n’est que le début.
Il faut ensuite stabiliser progressivement une matière végétale vivante pour obtenir un café vert capable de voyager et d’être torréfié.
Comment obtient-on le grain de café vert ?
Une fois le séchage terminé, le café doit encore perdre les enveloppes qui entourent la graine.
Le détail dépend de la méthode de traitement utilisée.
Dans le procédé naturel, le décorticage retire les couches sèches de la cerise.
Dans le procédé lavé, le café séché en parche doit également être débarrassé de cette enveloppe protectrice.
On obtient alors le café vert : le grain de café avant torréfaction.
Sa couleur est très différente de celle des grains bruns auxquels nous sommes habitués.
Le café vert est ensuite trié et classé.
Les critères utilisés peuvent notamment concerner la taille des grains et la présence de défauts ou d’impuretés.
Le résultat doit être suffisamment homogène pour poursuivre son parcours commercial.
Le brouillon d’origine évoquait des sacs en toile de jute d’environ 60 kg. Le sac de 60 kg constitue effectivement une référence extrêmement courante dans le commerce international du café vert, mais ce poids n’est pas universel : d’autres formats existent également selon les pays et les filières.
Le café vert peut ensuite partir vers son lieu de torréfaction.
Chez KOOTA, les cafés de la gamme permettent ensuite de retrouver ce parcours sous différentes formes. Notre sélection de café grain bio conserve le grain entier après torréfaction, tandis que notre sélection de café moulu bio ajoute une étape de mouture avant utilisation.
Et si vous choisissez le grain, le réglage utilisé au moment de le moudre influencera ensuite l’extraction. Notre guide sur les différentes moutures de café détaille cette étape située à l’autre bout du voyage.
La récolte influence-t-elle le goût du café ?
Oui, mais il faut être précis sur ce que cela signifie.
La récolte fait partie des nombreuses étapes capables d’influencer la qualité finale d’un café.
Une récolte sélective cherche notamment à limiter la présence de cerises insuffisamment mûres dans le lot. Le tri poursuit ensuite ce travail de sélection.
Le traitement post-récolte joue lui aussi un rôle important.
Dans un café naturel, la graine sèche en restant longtemps en contact avec les autres composants de la cerise. Dans un café lavé, la pulpe est retirée plus tôt.
Ces différences de traitement participent à la construction du profil final.
Mais il serait trompeur d’attribuer tout le goût d’un café à une seule étape.
La variété du caféier, le terroir, les conditions météorologiques, l’altitude, la maturité des cerises, le traitement, le séchage, la conservation, la torréfaction, la mouture et la préparation interagissent.
C’est justement ce qui rend le café intéressant : le goût d’une tasse est le résultat d’une chaîne complète.
Prenons un exemple concret dans la gamme KOOTA.
Le café en grain colombie est une Pure Origine 100 % Arabica de Colombie. Sa fiche permet de relier plus facilement ce que vous venez de lire à une origine de production identifiable.
La même recette existe également en café moulu colombie. L’origine du café reste la même, mais le produit est déjà moulu pour la préparation.
Cette distinction est utile : la récolte et le traitement ont eu lieu bien avant que le café ne soit vendu en grains ou moulu. Le format choisi par le consommateur intervient beaucoup plus tard dans la chaîne.
Que signifie vraiment « de la cerise à la tasse » ?
L’expression est souvent utilisée dans l’univers du café. Elle devient beaucoup plus concrète lorsque l’on remet toutes les étapes dans l’ordre.
Le café commence par le caféier.
Le caféier produit des fruits.
Ces cerises mûrissent puis sont récoltées.
Elles sont ensuite triées.
Le producteur ou la station de traitement choisit un procédé permettant de séparer et de sécher les graines.
Le café devient alors du café vert.
Le café vert est classé, conditionné et transporté.
Il est ensuite torréfié.
Après torréfaction, il peut être commercialisé entier ou moulu.
Enfin, vous l’extrayez avec de l’eau à l’aide de votre méthode de préparation.
La tasse que vous tenez entre vos mains est donc la dernière étape d’un parcours commencé bien plus tôt.
C’est aussi pourquoi connaître uniquement le degré de torréfaction ou l’intensité inscrite sur un paquet ne raconte qu’une petite partie de l’histoire.
L’origine et les étapes de production donnent un contexte supplémentaire au produit.
Récolte, agriculture biologique et commerce équitable : quelle différence ?
Ces notions sont complémentaires, mais elles ne désignent pas la même chose.
La récolte décrit l’étape où les cerises sont prélevées sur les caféiers.
Le traitement post-récolte concerne ce qui permet ensuite de passer du fruit au café vert.
L’agriculture biologique, elle, concerne un mode de production agricole encadré par un cahier des charges spécifique.
Le commerce équitable s’intéresse à d’autres dimensions de la filière et aux règles définies par le système de certification concerné.
Il est donc préférable d’éviter des raccourcis comme « récolté à la main = biologique » ou « café bio = récolte sélective ».
Une information ne permet pas automatiquement de déduire les autres.
Pour approfondir spécifiquement le premier sujet, notre article consacré au café issu de l’agriculture biologique explique la démarche indépendamment de la méthode de récolte.
Chez KOOTA, les références actuellement présentées sur le site sont certifiées Agriculture Biologique et commerce équitable. Ce sont des caractéristiques de la gamme KOOTA, et non une conséquence automatique du simple fait qu’un café ait été récolté d’une certaine manière.
Cette nuance est importante pour parler du café sans mélanger agriculture, récolte, transformation et certification.
Pourquoi le tri continue-t-il après la récolte ?
Parce qu’une récolte n’est jamais la fin du travail de sélection.
Le tri peut intervenir à plusieurs moments.
Il commence parfois directement dans la plantation lorsque les cueilleurs sélectionnent les fruits.
Il continue à la réception des cerises afin de retirer des éléments étrangers ou des fruits jugés indésirables.
Après séchage et décorticage, le café vert est à nouveau contrôlé.
Des grains présentant certains défauts ou des impuretés peuvent être écartés.
La taille et d’autres caractéristiques physiques peuvent également servir au classement du lot.
Cette répétition du tri n’est pas excessive. Elle correspond au fait que chaque transformation peut révéler de nouvelles informations sur le grain.
Une cerise peut sembler correcte extérieurement, mais le grain obtenu après séchage peut présenter un défaut.
C’est pourquoi la production d’un café régulier repose sur une succession de contrôles plutôt que sur une unique sélection au départ.
Récolte manuelle ou mécanique : laquelle est la meilleure ?
Il n’existe pas de réponse sérieuse réduite à un seul mot.
La récolte manuelle sélective présente un avantage évident : elle permet au cueilleur de choisir individuellement les fruits mûrs.
Elle est cependant lente et exige beaucoup de main-d’œuvre.
La mécanisation permet de traiter plus rapidement de grandes surfaces lorsque le terrain et la configuration des plantations le permettent.
Elle peut en revanche demander davantage de tri lorsque des fruits à différents stades de maturité sont récoltés ensemble.
La question pertinente n’est donc pas seulement « main ou machine ? ».
Il faut demander :
- les cerises ont-elles été récoltées au bon stade ?
- le lot a-t-il été correctement trié ?
- le traitement a-t-il été maîtrisé ?
- le séchage a-t-il été suffisamment homogène ?
- le café vert a-t-il été correctement préparé avant sa torréfaction ?
Une tasse ne peut pas être expliquée uniquement par la manière dont la cerise a quitté sa branche.
Comment la récolte se retrouve-t-elle dans les cafés KOOTA ?
Lorsque vous achetez du café torréfié, la récolte est déjà loin derrière lui.
Pourtant, elle reste la première étape de toute l’histoire du grain.
La gamme KOOTA permet d’illustrer simplement ce parcours avec plusieurs origines et plusieurs formats.
L’Harmonieux, par exemple, est présenté comme un assemblage 100 % Arabica provenant de Colombie, du Honduras et du Pérou. Si vous préférez moudre votre café vous-même, il existe en bon café grain.
La même recette est proposée en bon café moulu pour ceux qui souhaitent utiliser directement un café déjà préparé sous cette forme.
Le Puissant repose lui aussi sur un assemblage 100 % Arabica de Colombie, du Honduras et du Pérou, avec un profil différent après torréfaction. Il est disponible sous forme de café en grain 250g.
Une version café moulu 250g est également proposée.
Ces exemples permettent surtout de replacer les mots « grains » et « moulu » au bon endroit dans le parcours.
Au moment de la récolte, personne ne récolte du « café moulu ». On récolte des cerises.
Les graines sont extraites et séchées pour devenir du café vert.
Elles sont ensuite torréfiées.
Ce n’est qu’après la torréfaction que le choix de conserver le grain entier ou de le moudre devient pertinent pour le consommateur.
Comment choisir son café après avoir compris la récolte ?
Comprendre la récolte ne signifie pas que vous devez devenir expert en agronomie pour choisir un paquet.
Cette connaissance vous donne surtout de meilleurs repères.
Vous savez désormais qu’un café possède une histoire bien avant sa torréfaction.
Vous pouvez donc regarder plus attentivement son origine, les informations de traçabilité disponibles, son mode de production, sa torréfaction et le format adapté à votre préparation.
Si vous utilisez un moulin, le café en grains vous permet de régler vous-même la mouture. Le choix d’un accessoire café adapté peut alors compléter votre équipement selon votre méthode de préparation.
Si vous préférez découvrir plusieurs références sans les sélectionner séparément, un coffret café permet de comparer différents profils.
Et si vous souhaitez simplement parcourir la gamme sans commencer par un critère précis, vous pouvez retrouver tous nos produits.
L’essentiel reste de garder une idée simple : aucune mention isolée ne raconte toute l’histoire d’un café.
L’origine seule ne suffit pas. La méthode de traitement seule ne suffit pas. La torréfaction seule ne suffit pas.
Ce que vous buvez est le résultat de l’ensemble du parcours.
Que faut-il retenir de la récolte du café ?
Le café que nous buvons est d’abord la graine d’un fruit appelé cerise de café.
La récolte consiste à retirer ces cerises du caféier lorsqu’elles atteignent le stade de maturité recherché.
Selon les régions, les exploitations et les conditions de culture, cette récolte peut être réalisée manuellement, de manière sélective ou plus globale, ou avec l’aide de machines.
Les cerises sont ensuite triées puis traitées.
Dans la méthode humide, elles sont dépulpées avant que le mucilage soit retiré puis que les grains soient séchés.
Dans la méthode sèche, les cerises restent entières pendant le séchage avant d’être décortiquées.
Après séchage, décorticage et tri, on obtient le café vert.
Ce café vert peut alors poursuivre son voyage vers la torréfaction.
Et seulement bien plus tard viennent la mouture, la préparation et votre tasse.
Entre une cerise rouge sur un caféier et votre café du matin, il y a donc beaucoup plus qu’un simple « grain récolté » : il y a une succession de gestes, de choix, de transformations et de contrôles.
Connaître ce parcours permet de regarder son café autrement. Pas pour compliquer votre pause café, mais au contraire pour mieux comprendre tout ce qui s’est déjà passé avant la première gorgée.
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